16 juin 2009

Accident vasculaire cérébral

Jusqu'alors un AVC je ne savais pas ce que c'était vraiment ; j'en entendais parler, j'avais même des exemples assez proches, mais c'était une abstraction.

Maintenant je suis une experte, je connais les différents processus, les méthodes de traitement, les effets. Je vais passer tous les après-midi à l'hôpital en neurologie auprès de mon mari, depuis le  30 mai. Je rencontre deux fois par semaine les neurologues, j'ai droit à des dessins, des explications, des hypothèses et leurs arguments, des pronostic plus ou moins gais.

Et pendant ce temps là mon mari s'est débrouillé pour surprendre son monde : la carotide se remet à couler un peu quand on parle de l'opérer, son côté gauche paralysé se réveille et il se sert maintenant de sa main, de ses doigts. Il se lève aujourd'hui, sort cette semaine. Les médecins m'ont dit qu'il était atypique. Je m'en doutais, je n'aurais pas épousé n'importe qui, quand même...

 

09 mai 2009

Je me fous du foot ...

... mais ce soir il va falloir supporter dans tous les sens du terme ; j'ai épousé un breton, assez mauvais en foot et pas passionné, mais il est né près de Guingamp et a fait ses études à Rennes au Collège  St Vincent. On vit loin de là-bas, alors ce soir forcément il va regarder le match, coupé en deux dans ses enthousiasmes. Je crois qu'il penche pour ceux du Roudourou (seul nom de stade que je retiens avec le Maracana) mais si Rennes gagne il sera content.

Sarkozy s'est décidé à se risquer dans les tribunes, après avoir hésité parce qu'il a un peu peur des bretons ! Il a raison.

09 février 2008

Petite annonce

Simplement la traduction de la petite annonce photographiée à la douane du Nicaragua (ci-dessous) :
Avis urgent. J'échange une moto accidentée contre un fauteuil roulant.

25 octobre 2007

Ecrire la nuit

Comme le dit si bien Jacotte, la nuit des insomniaques fut belle. Et maintenant nous lisons les nouvelles des autres et leur attribuons des points.
Moi j'ai écrit ça, vite, très vite, trop vite peut-être, j'avais fini vers 3 heures, j'aurais pu profiter des 4 heures restantes pour peaufiner...


Toc-toc
- Eh, Tacha, plus que trois jours !
- Je sais, Nico, mais tais-toi. J’aime pas comme tu fais. C’est pas parce que tu en parles que ça va arriver plus vite.
Ils avaient beau être jumeaux, ils n’avaient pas la même façon d’appréhender les plaisirs. Elle attendait en savourant, en silence, toute intérieure ; lui, voulait en parler du matin au soir. Mais ils étaient aussi heureux l’un que l’autre de partir pour deux mois chez Irèna. Là-bas, ils pourraient oublier les cernes de leur mère, la cravate de leur père, ses colères, ses absences. Et savourer la liberté.
La voiture paternelle les cracha devant le portail ; il salua sa belle-mère, sortit les sacs du coffre, embrassa ses enfants, leur donna de l’argent de poche, quelques recommandations, et redémarra très vite. Les jumeaux se regardèrent, poussèrent un soupire, et rentrèrent dans la maison.
- Mes pauvres enfants, j’avais oublié que vous arriviez aujourd’hui. Je n’ai rien de prêt.
- Ne t’en fais, Mamou, on se débrouillera bien, hein, Nico ?
- Ouais, ouais, on se débrouillera.
Et tout en parlant, derrière le dos de sa grand-mère, il se frappa le front de son index, en mimant avec sa bouche les mots « toc-toc ». Natacha lui fit une grimace. Bien sûr qu’elle n’avait pas toute sa tête, la grand-mère, elle avait oublié la date de leur arrivée ; mais à son âge elle avait des excuses. Et puis c’était leur grand-mère, quand même.
Ils mangèrent au hasard ce qu’ils trouvèrent - fruits, jambon, moutarde, confiture, biscuits – et montèrent se coucher. Natacha fit son lit, rangea ses habits, retrouva ses anciennes poupées. Nicolas entra pour le bonsoir quotidien à sa jumelle. Il vit qu’elle avait ressorti ses Barbies - Ils font les mêmes pour les hommes ? - jeta un œil amusé sur les draps bien bordés – T’es bien rangée, dis donc ! - fit claquer une bise sur la joue de sa sœur – N’nuit, Tache - rentra dans sa chambre et s’installa sur le matelas, repoussant les draps que sa grand-mère avait extraits de l’armoire.
A une heure du matin Irèna fit irruption dans la chambre de Natacha. Elle sentit qu’on la secouait, qu’on criait. Malgré son envie de rester endormie, elle ouvrit un œil.
- Natouchka, réveille-toi, il y a un bruit.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Quel bruit ?
- Un bruit. Il n’y est pas d’habitude. Je ne sais pas ce que c’est. Il revient sans arrêt.
- Oh, Mamou, c’est rien, laisse-moi dormir. On verra demain.
- Non, maintenant, on va aller voir toutes les deux.
- Mais allez voir où, toutes les deux ?
- Je ne sais pas, en bas, dehors.
En passant devant la porte entre baillée de la chambre de Nico, Natacha vit qu’il n’y était plus. Pas difficile de comprendre que le bruit, c’était lui. Mais elle se garda bien d’en parler à sa grand-mère. Ce n’était pas un mauvais numéro, ce frère. Mais il pouvait faire peur.
Elles cherchèrent quelque temps, d’abord à l’étage, puis en bas. Le bruit, Natacha l’entendait, régulier mais lointain, diffus. Impossible de se rendre compte d’où il provenait exactement.
- Allez, Mamou, on va se coucher. On saura demain ce que c’est.
- D’accord, Natacha, on verra demain. Mais je préfèrerais que tu dormes dans ma chambre. On ne sait jamais.
Tout en se demandant ce qu’on ne savait jamais, Natacha s’installa sur le petit divan, dans l’alcôve de la grande chambre. La nuit suivante, le bruit ne revint pas mais quand elles montèrent se coucher, Irèna exigea la présence de sa petite-fille.
- Tu ne le diras pas à tes parents, hein ? Sinon ils vont encore me parler de l’éducation à donner aux enfants.
- Non, Mamou, je ne dirai rien ; ça sera notre secret de la nuit à toutes les deux.
Sans la disparition de Nicolas, Natacha n’aurait pas accepté de dormir ainsi toutes les nuits à côté de la grand-mère ronflante et bredouillante. Mais il n’avait pas réapparu depuis le premier soir, et Natacha se sentait seule. La grand-mère n’était pas étonnée de son absence pendant ces premières journées de vacances, habituée à ce qu’il disparaisse chez son copain Lucien et ne donne plus signe de vie avant plusieurs jours. Natacha, elle, savait qu’il n’aurait jamais manqué de venir lui faire le baiser du soir. Même s’il était occupé avec Lucien, il ne manquait pas ce rendez-vous. Alors pourquoi avait-il ainsi disparu ? A qui en voulait-il ?
Les journées passaient doucement ; elles allaient faire les courses, passaient par la rivière où Natacha pouvait nager avec ardeur ; elles rentraient à la maison, papotaient, regardaient la télévision. Les nuits, par contre, étaient interminables : Natacha ne pouvait dormir, se tournait, pensait, finissait par s’asseoir sur son lit, attendant le bonsoir de son frère. Ce fut la troisième nuit qu’elle se décida à se lever. Dans un demi- sommeil, elle descendit les étages, sortit par la porte donnant sur le jardin, et se dirigea vers la cabane à outils dont le toit luisait sous la lune. Elle avait besoin de son baiser du soir, elle avait besoin de son jumeau, et ses pas la portaient là, devant la porte en planches. Elle tourna la poignée, entra. Elle heurta quelque chose, au sol. La clarté blanche lui montra le visage de Nicolas, yeux fermés, immobile. Elle s’effondra sur lui, il respirait. Le téléphone, la grand-mère à réveiller, les pompiers, le gyrophare bleu dans la nuit, l’hôpital, les urgences, l’attente au côté d’Irèna en chemise de nuit, et enfin l’interne : « Vous pouvez aller le voir ».
Ce n’est que le lendemain soir, quand elles revinrent le voir, qu’il put expliquer :
- Trois jours que j’étais là-dedans, à pisser le sang : un coup de hache dans la main dès mon premier essai. La première nuit j’ai cogné contre la porte pour vous appeler. Après, je n’avais plus la force. Pourtant, je l’avais dit à Mamou, que je redescendais couper du bois, pour faire une flambée au petit déj’. Elle ne s’en est même pas rappelée, elle est gâteuse, je te dis !
- Gâteuse ? Essaie toujours de faire « toc-toc » derrière son dos : avec ton index coupé, ça va être dur maintenant …

05 mars 2007

Troyat immigré

Le Pen à France Inter ce matin, chargé de la revue de presse, parle d'Henir Troyat, qui vient de mourir, comme d'un modèle d'intégration d'un immigré en France.
Je me renseigne sur la biographie de Troyat, et je lis :
Fils d'un commerçant, Léon Aslanovitch Tarassov naît le 1er novembre 1911 à Moscou. Au lendemain de la révolution de 1917, sa famille doit s'expatrier. Après un long voyage, elle arrive en France en 1920.
Il étudie au lycée Pasteur à Neuilly, se passionne pour la littérature. Licencié en droit, naturalisé français, il devient rédacteur à la Préfecture de la Seine en 1935 et publie la même année son premier roman "Faux jour", qui reçoit le prix populiste

Alors c'est sûr qu'il a eu un peu moins de mal à s'intégrer que d'autres...

20 janvier 2007

Ma fille

Ma fille vient d'avoir 18 ans. Elle est majeure, et très contente de l'être, elle a mainteanant des droits nouveaux. Quels droits, au fait ? De voter ? c'est pas tout de suite, et elle n'a pas l'impression que cela changera sa vie. De conduire ? Mais il faut qu'elle réussisse ce foutu permis, de plus en plus dur à décrocher. De vivre libre ? Mais elle n'a pas fini ses études et est encore dépendante de ses parents.
Finalement elle a trouvé comment marquer le coup : elle a bravé un interdit familial, et s'est fait faire un percing (nombril) et un tatouage (sous une oreille).
Eh bien je ne suis même pas fâchée. Pire, je suis presque fière d'elle. D'abord parce que c'est drôlement joli sur ma fille qui est la plus belle du monde. Et puis je pense que c'est son premier acte d'émancipation, qu'elle en avait besoin, et qu'elle a vraiment attendu les 18 ans symboliques pour le faire.
Je crois que ce qui me plaît c'est qu'elle a conscience des moments importants de la vie.

11 janvier 2007

Les soldes les soldes les soldes

Je n’aime pas les soldes ; je les fuis.
D’abord je fuis souvent les magasins, j’en ai horreur, surtout les vêtements de fringues. Mais ce jour-là c’est pire que tout.
Et puis j’ai l’impression que les gens se font rouler, à acheter compulsivement ce jour-là parce que ce sont les soldes des objets qu’ils n’auraient pas achetés autrement - et ils ne s’en porteraient pas plus mal. La télévision insiste sur ce côté obligatoire des achats ce jour-là, montrant des meutes attendant l’ouverture des portes et se précipitant pour acheter n’importe quoi avec l’impression d’avoir gagné une compétition : il faut en être. Ceci dit chacun est libre de se faire rouler.
Mais ce qui me gêne le plus est un sentiment confus, que j’essaierais de définir ainsi. Le jour des soldes les gens se permettent d’acheter des choses qui sont au-dessus de leurs moyens, fringues, bijoux. Ils sont chers parce que ce sont des marques réputées, accessibles à une «élite» définie avant tout par sa richesse. Les gens qui les achètent au prix fort toute l’année savent qu’elles font ainsi partie d’un groupe social qui peut se permettre d’acheter sans compter. Grand bien leur fasse !
Mais les personnes qui achètent en soldes ces objets de luxe, et qui peuvent ainsi afficher ces objets de luxe comme leur propriété, se trompent si elles pensent faire ainsi partie de ce groupe qu’elles envient. Elles possèdent l’objet mais n’ont pas l’argent pour le payer. Elles se leurrent.
Le pire est quand ces acheteurs se vantent d’avoir eu un «Rucci» (mettons que ce soit une grande marque) pour rien du tout. Ce qui faisait la gloire de cet objet était son prix. A partir du moment où il est au rabais, il ne vaut plus rien.
Alors surtout, si on fait les soldes, ne pas se vanter d’avoir fait des affaires, au risque de passer pour un minable !

22 novembre 2006

Enfants en danger

France Inter ce matin, 6 h 35. J’écoute de façon molasse, dans ma salle de bain.
On annonce qu’une secte a été découverte dans les Pyrénées. Le responsable anti-secte est interrogé. Il m’agace un peu avec ses certitudes – attention, je ne défends pas les sectes – et je suis méfiante.
Il explique que des familles vivent dans un château, élèvent leurs enfants en autarcie.
Bon, on peut les comprendre parfois, le monde est fou, pensè-je.
Ce sont les parents qui leur font la classe.
Ils ne font pas confiance à l’éducation nationale, ils pensent faire mieux eux-mêmes. Ce n’est pas nouveau.
Les enfants ne sont pas informés de ce qui se passe en France et dans le monde.
Bon, ils auront bien le temps de connaître Bush, les guerres et l’Internet.
Par exemple ceux qui ont pu être interrogés ne connaissaient pas l’existence de Zinédine Zidane.
Quoi ! Je rêve ?Alors là je crie danger, ces enfants sont en danger ! Envoyez les CRS !

20 septembre 2006

Saut ou pas ?

Ma belle-soeur-copine m'explique au téléphone que tous les matins elle saute à la corde (nous échangions sur les différentes façons de nous maintenir en forme).
Je lui demande de me donner des précisons sur sa corde.
Elle me dit qu'elle n'a pas de corde.
Je lui demande si elle fait quand même des moulinets avec les bras.
Elle rigole et me dit que non.
Je n'ai pas osé lui demandé si finalement elle sautait...

13 juillet 2006

vac

Je vais sans doute délaisser mon blog quelque temps pour cause de voilier au large de la Croatie. Mais on ne sait jamais, s'il y a une borne Wifi qui traîne sur un port, je ne dis pas que je ne me laisserais pas tenter. J'emmène surtout carnet et crayon, et mes yeux déjà tout écarquillés. Bon été à tous.

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