02 mars 2008

Un an tout juste

Oui, il y a un an, ici même, j’annonçai que j’arrêtais de travailler.
Le temps a donc passé très vite. Je viens de relire ce que j’avais écrit à ce moment-là, et je constate que l’émotion que je ressentais à l’idée d’arrêter m’est maintenant complètement étrangère. J’aimais mon métier, j’aimais enseigner le français, j’aimais rire et travailler avec mes élèves. Mais la nouvelle vie que je vis a balayé tout cela, elle se déroule sans heurt, facilement - peut-être trop dans la mesure où il n’y a plus à mener de combats, plus à se lever à la sonnerie du réveil, plus à être prête à entrer en classe, plus à tenir tête et à batailler, plus à se mettre tous les matins dans la peau du prof - et sans trop d’obligations. La grande fatigue a disparu, et aussi l’impression de course permanente contre la montre et contre le sommeil. Je peux choisir ce que j’ai envie de faire, ne pas aller à une activité le jour où je n’ai pas envie d’y aller, partir grimper en haut de la montagne dans une heure si l’envie me prend, me coucher à 3 heures du matin sans paniquer.
J’ai commencé en septembre la géologie ; j’ai des cours chaque lundi, matin en amphi et après-midi sur le terrain. La géologie n’est pas ce que l’on croit, je l’ai découvert, c’est encore mieux. Il me manque parfois un peu de base en chimie et physique, mais ça passe quand même. Il y a des voyages prévus à titre d’illustration.
Et puis je vais à un atelier d’écriture, je fais des sorties en montagne le mardi.
Je peux enfin partir en voyage en dehors des congés scolaires, et c’est la PREMIERE FOIS de ma vie : le Costa-Rica en novembre, par exemple.
Vie égoïste ? Pas trop, il y a le mari, les enfants, la famille, les amis, les copains militants qui savent vous relancer et vous remettre sur le terrain.
Fin de vie ? Non, plutôt l’impression d’avoir commencé la deuxième, la vraie.

10:06 Publié dans la deuxième vie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

03 mars 2007

Le foyer

Voilà, je suis maintenant une femme au foyer. Femme au foyer, quelle mocheté, cette expression.
Le foyer c'est le coin du feu, là où l'on reste toute la soirée parce qu'on a froid. Pas moi.
Le foyer c'est la chaude maison où la mère passe son temps aux fourneaux à préparer la bonne nourriture, qu'elle servira debout, en veillant au bonheur de chacun. Pas moi.
Le foyer c'est la maison familiale où sont exposés les portraits de tous les aïeux qui vous ont succédé. Pas moi.
Le foyer c'est la grande chaudière de Landru, où ses amantes finissaient leur vie. Pas moi.
Le foyer, c'est un terme sociologique qui désigne la famille traditionnelle, c'est-à-dire ceux qui vivent sous le même toit, à fin de recensement et mise en fiche. Pas moi.
Si, donc, le foyer n'est pas fait pour moi, je ne suis pas une femme au foyer.
Je suis une active sans activité obligatoire ; une active sans activité salariée ; une active sans aucune activité programmée pour le moment
La première activité importante pour moi, le 1er mars, a été de rester plus d'une heure dans un bain, la radio à fond, en rajoutant de l'eau chaude au fur et à mesure qu'il refroidissait.
Arrêter de travailler, c'est commencer à s'occuper de soi.
Malheureusement ou heureusement, les autres, les grands enfants par exemple, vous rappellent vite que c'est encore trop tôt pour y penser.

10:45 Publié dans la deuxième vie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note