07 novembre 2008

Henry Bauchan et son périphe

Je lis en ce moment le Boulevard Périphérique, qui a eu un prix, Livre Inter je crois. Ce livre ne me plaisait pas , il comportait trop d'histoires mêlées, d'époques, on ne trouvait pas le fil, à chaque fois que je le reprenais il me fallait faire un effort terrible pour me rappeler de ce qui précédait, effort d'ailleurs que je ne faisais plus. Jusqu'à ce que je commence à être accrochée, un peu plus loin que la moitié : j'ai enfin trouvé un fil, je suis bien tout ce qui est dit et même je suis impatiente de poursuivre.
Et, comble de bonheur, je tombe sur cette phrase, qui dit EXACTEMENT ce que je ressens depuis longtemps, mais qui me paraissait une tare, un refus de grandir, de vieillir. Ben non, on est au moins deux, ce doit être banal.
Je dois passer prendre un vêtement commandé, le vendeur qui est jeune et beau fait maintenant partie de ceux qui m'ont appris que j'avais changé, que je vieillissais. Ce sont les autres qui m'ont appris cela. Comme ils m'ont fait savoir que je n'étais plus un enfant, plus un jeune homme. Toujours que je n'étais plus, que je ne suis plus ce que j'ai été. Implacables les autres pour vous faire constater que tout change et vous apprendre à mourir. Sans les autres, est-ce que l'on ne mourrait pas ?
C'est pas gai pour autant, mais c'est un vrai plaisir de trouver quelqu'un qui dit bien ce qu'on ressent vaguement.

Commentaires

Clairon, vous êtes tenace car dépasser la moitié du livre pour accrocher...Un de mes potes tente jusqu'aux cinquante premières pages ; puis il poursuit ou il jette. Il a renoncé ainsi à L'élégance du hérisson.
Pour la phrase, c'est dans le regard d'autrui que l'on se voit, grandir, vieillir, souffrir.
Je crois la pitié plus insupportable que l'indifférence.

Ecrit par : michèle | 18 novembre 2008

Hello Michèle, vous êtes fidèle, moi je le suis moins à mon blog.
L'élégance du hérisson, je l'ai lu jusqu'au bout, quelle corvée.
Dans le regard des autres qui nous voient vieillir, il n'y a pas forcément la pitié, simplement le constat, et c'est bien, ça nous aide à savoir ce qui nous arrive.
Pendant longtemps mes élèves, quand je leur disais mon âge, poussaient des hurlements : oh la la je croyais que vous aviez ... et ils donnaient 10 ou 15 ans de moins. Puis peu à peu cela s'est estompé ; vexée d'abord, j'ai fini par me dire que je faisais simplement mon âge (vers 45 50 ans) et que tout était normal.

Ecrit par : clairon | 24 novembre 2008

clairon c'est que les gens rencontrés sur les blogs, vous & co font partie de mon univers ; un temps long, vous avez été les seuls. Je vous imagine plus souvent IRL ce qui est bon signe (à mon sens à moi) dans vos activités rando et géologie. Je replonge aussi dehors avec circonspection.
L'élégance du hérisson, je n'ai pas aimé le début mais beaucoup la suite et fin : j'ai sympathisé cet été avec une copie conforme du personnage, une concierge (qui ne l'est pas) de 82 ans autodidacte et cultivée un vrai bonheur de rencontre.
Perso, je suis de près l'âge de mon enthousiasme : la vieillesse est bonification pour moi, comme le bon vin. Les rides c'est de la décoration.

Ecrit par : michèle | 28 novembre 2008

Allez-y, dans la vie, et franchement.
J'ai passé beaucoup de temps sur LSP, c'était le grand plaisir et ça m'occupait - trop.
Puis j'y ai rencontré des gens qui ne plaisaient pas, qui prenaient toute la place, par qui je me sentais mal reconnue. Je les remercie, ils m'ont aidé à comprendre que la vie est ailleurs, avec les vraies gens. Je lis toujours avec plaisir mais pas tous les jours, les articles de nos deux lascars, mais j'arrête là, et je rentre à nouveau dans la vie. Même si elle n'est pas forcément bien tous les jours, elle est quand même savoureuse.

Ecrit par : clairon | 03 décembre 2008

Tiens c'est drôle clairon, je suis exactement dans la même démarche que vous : j'y ai passé des heures des journées des nuits. Puis je me suis fait virer il y a peu par Olivier Houdart. La rencontre IRL est un vrai choc et cela n'a rien à voir avec les écrits. Moi aussi j'arrête ; je ne les lis même plus car c'est très masturbatoire, chacun regardant essentiellement son propre nombril, moi, moi, moi. Bercée dans mon enfance et adolescence par le moi est haïssable je me suis prise au jeu de ces miroirs déformants, où finalement olimalia l'a dit fort intelligemment, ce n'est pas là que cela se passe. Et puis les Staliniens c'est franchement pas mon truc : je rentre itou dans la vie, rencontre des vrais gens et c'est d'un tout autre ordre. Je garde une rencontre en mémoire et au coeur, belle, que j'aurais aimé prolonger dehors, mais ce n'est pas réciproque. Et quelques potes que j'ai déjà commencé à voir pour de vrai. Même si je viens rarement ici, je viendrai voir comment ça va. Bàv.

Ecrit par : michèle | 03 décembre 2008

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