« Pour Michèle ... et d'autres | Page d'accueil | Nicaragua, on y retourne »

02 mars 2008

Un an tout juste

Oui, il y a un an, ici même, j’annonçai que j’arrêtais de travailler.
Le temps a donc passé très vite. Je viens de relire ce que j’avais écrit à ce moment-là, et je constate que l’émotion que je ressentais à l’idée d’arrêter m’est maintenant complètement étrangère. J’aimais mon métier, j’aimais enseigner le français, j’aimais rire et travailler avec mes élèves. Mais la nouvelle vie que je vis a balayé tout cela, elle se déroule sans heurt, facilement - peut-être trop dans la mesure où il n’y a plus à mener de combats, plus à se lever à la sonnerie du réveil, plus à être prête à entrer en classe, plus à tenir tête et à batailler, plus à se mettre tous les matins dans la peau du prof - et sans trop d’obligations. La grande fatigue a disparu, et aussi l’impression de course permanente contre la montre et contre le sommeil. Je peux choisir ce que j’ai envie de faire, ne pas aller à une activité le jour où je n’ai pas envie d’y aller, partir grimper en haut de la montagne dans une heure si l’envie me prend, me coucher à 3 heures du matin sans paniquer.
J’ai commencé en septembre la géologie ; j’ai des cours chaque lundi, matin en amphi et après-midi sur le terrain. La géologie n’est pas ce que l’on croit, je l’ai découvert, c’est encore mieux. Il me manque parfois un peu de base en chimie et physique, mais ça passe quand même. Il y a des voyages prévus à titre d’illustration.
Et puis je vais à un atelier d’écriture, je fais des sorties en montagne le mardi.
Je peux enfin partir en voyage en dehors des congés scolaires, et c’est la PREMIERE FOIS de ma vie : le Costa-Rica en novembre, par exemple.
Vie égoïste ? Pas trop, il y a le mari, les enfants, la famille, les amis, les copains militants qui savent vous relancer et vous remettre sur le terrain.
Fin de vie ? Non, plutôt l’impression d’avoir commencé la deuxième, la vraie.

10:06 Publié dans la deuxième vie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

Commentaires

Alors comme ça vous me faites saliver, d'abord avec le chalet, puis avec ce billet !
Moi je tente mais je suis dans un cocon dont je n'arrive pas à fendre la coque; et pourtant dieu sais si je gigote.
Ben bravo, vous êtes une femme comme je les aime, en mouvement.
Aujourd'hui je ne peux pas monter boire le champ. au frais, mais je sens que nous allons nous rencontrer sur un sommet ou l'autre un de ces quatre.
Pour la guirlande d'anniversaire je l'ai faite pour vous spécialement ce matin en allant dans word puis insérer puis caractères spéciaux. J'ai choisi soigneusement j'ai fait un copier coller sur word puis je suis revenue sur LSP et j'ai écrit les trois petits mots avec.
Passez une bonne journée d'anniversaire clairon !

Ecrit par : michèle | 02 mars 2008

dieu sait ou bien je sais ?!?

Ecrit par : michèle | 02 mars 2008

Michèle, confusion normale : on est son propre créateur.

Ecrit par : clairon | 02 mars 2008

Tout petit, c'est ce que je voulais faire plus tard. Mais avant il y a un gros bout qui est pas mal galère.

Ecrit par : Impromptu | 02 mars 2008

Et vous en êtes où, Impromptu, du gros bout ?

Ecrit par : clairon | 02 mars 2008

A la fois au milieu et au début, c'est très inconfortable.

Ecrit par : Impromptu | 02 mars 2008

Amusant : "...Se mettre dans la peau d'un prof..."
Un des plus beaux compliments (à mon goût) reçu d'un ancien élève :
"Vous étiez tellement naturel"
Chacun son truc !
Bonne continuation...

Ecrit par : papet croûton | 04 mars 2008

papet vous revoilà par ici ?
Ce que je veux dire avec "dans la peau d'un prof", c'est que chaque matin j'avais l'impression d'avoir à rentrer dans mon rôle : je trouve que faire cours, c'est une grande part de théâtre, il faut être dynamique, enthousiaste, drôle parfois ; même si vous avez appris une sale nouvelle le matin même, ou si vous avez mal dormi, etc.
Et puis parfois on se demande de quel droit - même si c'est notre devoir - on note les élèves, on juge leur travail, on fait preuve d'autorité, on cherche à les faire plancher ; on aurait envie de leur dire que nous aussi parfois on a envie de ne rien faire, de danser sur le bureau et d'écrire des idioties au tableau. Mais il ne faut pas, alors on se glisse dans la peau du prof. Avec plaisir, bien sûr, mais en laissant à la porte une part de soi qui n'a rien à faire là.
Quand j'étais lycéenne et que j'avais peur d'un prof, je l'imaginais en train de faire caca.

Ecrit par : clairon | 04 mars 2008

Je passe souvent, mais si je n'ai rien à ajouter, je me tais.

N'y voyez aucune recherche de comparaison, mais je persiste. J'ai toujours été naturel, disant un jour à une classe assez pénible : "F... moi ma paix, j'ai mal à la tête". À ma surprise, je l'avoue, ils l'ont fait.
Bien sûr qu'on note les élèves : ils en ont besoin (à mon regret, j'ai dû abandonner l'évaluation par lettres).
C'est simple : on arrive, on annonce le but à atteindre, on travaille pour y arriver, et on constate jusqu'à quel point il a été atteint. Il n'y a pas de jugement, mais une simple constatation, à faire si possible en a parte.
Je me tais, sinon, j'y passerais des heures !

Ecrit par : papet croûton | 05 mars 2008

Je n'ai jamais pu mettre en application le "truc" du prof qui fait caca.
...
J'espère pouvoir écrire la même note... dans un an (exception faite de la géologie)

Ecrit par : Oncle Dan | 15 avril 2008

Oncle Dan, le déménagement est donc en prévision de la retraite ? je surveille votre blog pour voir si en avril 2009 vous faites un copier-coller d'ici - et pourquoi sans la géologie ?

Ecrit par : clairon | 15 avril 2008

Ecrire un commentaire