09 septembre 2006

Perdue

C'était ce genre d'amie qu'on ne voit pas souvent.
Nous avons eu à un moment de notre vie un chemin commun ; nous étions, dans les années militantes, dans le même groupe semi-clandestin. Cela laisse ensuite un lien, une complicité d'analyse, une conivence. Puis je me suis mariée, j'ai changé de ville. Mais j'ai découvert qu'elle était aussi une amie de mon mari. Elle est réapparue chez nous régulièrement. Elle arrivait l'hiver pour faire du ski avec nous, l'été pour quelques randos. Nous allions la voir dans sa ville.
La dernière fois elle n'allait pas bien ; elle traversait une dépression assez forte, suite à des relations difficiles avec un responsable de son service.
Puis les choses s'étaient arrangées.
J'ai appris qu'elle s'était pendue.
Tous nous nous demandons comment faire avec ça. Et ce que nous n'avons pas fait à temps.

Commentaires

C'est pas une consolation mais c'est un de vos plus beau texte.
Courage, ça se surmonte : il ne doit pas y avoir plus de culpabilité pour une mort suicidaire que pour une mort par cancer. Le fil de sa vie était arrivé au bout ........ même s'il est vrai que le moyen de finir choque nos morales judéo-chrétienne.
Alors je me permettrais de citer Montesquieu - Les lettres persanes (la seule citation que j'ai jamais sue par coeur) : "la vie m'a été donné comme un bienfait, je puis donc la rendre lorsqu'elle ne l'est plus. La cause cesse, l'effet doit donc cesser aussi"

Ecrit par : Sardine | 11 septembre 2006

Merci Sardine ; vu comme ça on peut dire qu'elle a fait comme il fallait.
Mais on ne peut s'empêcher de penser aussi qu'elle s'est peut-être trompée et qu'il lui restait encore un peu de chemin à faire avec nous.

Ecrit par : clairon | 12 septembre 2006

Oh ! Habitant à 200 km, nous ne nous rencontrions pas très souvent, tous les deux ou trois ans, mais nous nous retrouvions de plain pied, comme si nous étions quittés la veille.
Quand nous avons déménagé, il y a 8 ans, je lui ai écrit chez sa copine, pour lui donner adresse et notre téléphone (je n’avais plus le leur).
Rien.
À la troisième tentative, j’ai renoncé. Sans doute ne voulait-il plus nous voir.
Au printemps, j’ai trouvé le n° de téléphone de sa fille. «Papa est mort il y a 6 mois, tout seul, il avait rompu avec sa copine, et il était au chômage, un peu en marge de la société… »
Mon vieux Ben, pourquoi n’ai-je retrouvé qu’il y a deux mois ce vieux carnet où il y avait ton n° de téléphone ?
Peut-être que cela n’aurait servi à rien, mais cette absurdité me pousuit…

Ecrit par : papet croûton | 01 octobre 2006

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