28 mai 2006
Regarder ou écrire
J'ai passé la journée à aller de mon bureau au jardin : des livres à lire, à relire, à classer, à commenter, et des massifs à regarder, à nettoyer, à planter, à photographier.
J'ai fait les deux, et je suis heureuse de la journée. Voici un aperçu du jardin :
Les autres photos, je les mets dans l'album "Fin mai"...
Et voici un aperçu du reste;
J''ai relu A présent, de Brigitte Giraud, que j'avais comme d'hab dévoré la première fois. Jacotte l'a lu et m'a donné envie de le relire. Comme la première fois, Brigitte Giraud m'étonne par sa capacité à savoir formuler les choses que l'on pense fugitivement dans ces circonstances-là (la mort de quelqu'un qu'on aime) mais qu'on chasse très vite de sa tête car elles ne sont pas convenables, car on a l'impression qu'en cette occasion on ne doit pas penser comme ça.
" Je raconte l'histoire une nouvelle fois à mon médecin (qui était aussi celui de mon mari). C'est la première fois que j'ai une histoire aussi sensationnelle à raconter. ça me dégoüte d'avoir un truc pareil à dire. Mon mari est mort, ça jette un froid, ça donne toutes les excuses. Les regards convergent soudain, je suis au centre d'un phénomène énorme, l'oeil du cyclone. je ne veux pas me faire plaindre et cependant je laisse faire. "
" Ensuite, il faut répondre à des questions, le plus naturellement du monde. Je donne un exemple : " Faites-vous pratiquer des soins de conservations ?" Pour que je puisse me décider, l'employé m'apporte une indication de prix : environ mille francs. Mon cerveau est bloqué. Soins de conservation ? Je ne sais pas. A quoi ça sert ? En même temps, je ne veux pas avoir l'air trop gourde."
Et puis j'ai lu L'Elégance des Veuves de Alice FERNEY. Il m'a mise dans un drôle d'état, car j'ai aimé lire ce livre, et pourtant son sujet m'emmerde ! Il s'agit de parler de la maternité des femmes d'une famille, sur quatre générations. Chacune à son tour se marie -est mariée - aime son mari et fait le plus d'enfants possible, à ne vivre que pour cela, à en mourir. Et elles sont heureuses. Je veux bien penser au mangnifique destin de La Femme, grâce à qui l'humanité continue à exister depuis des millénaires ; de ce point de vue-là on peut dire que sa fonction est de perpétuer l'espèce, comme toutes les femelles. Mais si l'on veut parder de femmes, je trouve vide leur vie si elle ne consiste qu'à faire des enfants.
Peut-être n'ai-je pas vu, tellement on est dans le point de vue parfaitement heureux de ces femmes, que l'auteur voulait aussi en montrer le vide de leur destin ?
L'écriture est superbe, allusive. " Jules s'installa en Corrèze avec Clotilde, organisant un maquis sous le couvert d'un emploi de garde-chasse. Nicolas avait confié son sort et son espoir à la Manche qu'il avait traversée jusqu'à une terre libre. Valentine était épuisée d'angoisse, l'arrachement et la perte revenaient menacer la vie ordinaire. Gabrielle se refusait à parler : d'ailleurs le camp où son fils Guillaume était prisonnier avait un nom germanique qu'elle ne savait pas prononcer. Des jours à la fois dramatiques et sans relief s'accumulèrent. Ces années-là firent des héros."
C'est à travers ces quelques lignes que l'on comprend lqu'on en est arrivé au temps de la dernière guerre, et que les hommes ont fait de la résistance.
18:15 Publié dans Fleurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Veinarde !
Ecrit par : Jacotte | 29 mai 2006
La revue ACD organise une soirée de lectures de sa carte blanche à Brigitte Giraud, en présence de l'auteur, le samedi 2 décembre à Lyon à partir de 19h30.
Pour en sa voir plus : http://blogdebakelith.canalblog.com/archives/2006/11/07/3105925.html
Ecrit par : Bakelith | 10 novembre 2006
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